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Qui suis-je ?

Esquisse Autobiographique - Récit d'un itinéraire

Une fois que tu auras vu une iniquité et que tu l’auras comprise – une iniquité dans la vie, un mensonge dans la science, ou une souffrance imposée par un autre -, révolte-toi contre l’iniquité, contre le mensonge et l’injustice. Lutte ! La lutte c’est la vie d’autant plus intense que la lutte sera plus vive. Et alors tu auras vécu, et pour quelques heures de cette vie tu ne donneras pas des années de végétation dans la pourriture du marais.
Piotr Alekseïevitch Kropotkine, La morale anarchiste (1889)

    Voici ma bio officielle, non dégradable, après un coup de gomme sur les certificats, diplômes et titres, qui ne signent qu'un parcours plus ou moins studieux. Rien d'autre !

Notre erreur, en définitive, c’est de considérer comme un achèvement ce qui n’est qu’une ébauche, de nous reposer sur nos acquis en refusant de reconnaître nos lacunes. Notre erreur est de croire que l’homme fait, bien adapté à son milieu, est un être accompli, qui a achevé sa croissance, et de faire fi des nouvelles possibilités qui sont en lui. Notre erreur, c’est l’illusion de la maturité. Gérard Artaud, Se connaître soi-même, Éd. de l’Homme

    Né un samedi matin de 1948 en Moselle, me voilà rendu plus près de la redingote en sapin que du sein de ma mère. Je peux donc être le père d'Emmanuel ou le mari de Brigitte ! Ce qui m'autorise à une certaine impertinence, dans un climat persistant de crise, de démagogie, de xénophobie, de tout-sécuritaire, de retour de l’ordre moral (sauf pour les politicards), de cynisme exacerbé et de paupérisation.
    
   Après cinq années d'indiscipline dans un petit séminaire des pères Oblats de Marie Immaculée (1), j’ai entamé ma vie professionnelle en 1965 par un apprentissage de sidérurgiste  (anathema sit, formule par laquelle sont excommuniés les hérétiques). C'est sur le plancher d'un haut-fourneau, au sein d’une autre « réalité », que je découvre la fraternité, mais aussi l'angoisse humiliante de la pointeuse. Mon engagement dans l’anarcho-syndicalisme et pour la défense des droits de l'Homme trouve ici son origine.
  
    Au terme de différents stages, je deviens infirmier en 1970. Travaillant la nuit pour financer mes études, étudiant le jour, je suis des études d'économie et de gestion, dans un Institut international de formation des cadres et par correspondance au CNED.  
   
    En novembre 1974, après avoir rencontré Jacques Delors, conseiller social de Jacques Chaban-Delmas, je suis orienté par les « amis » de Michel Rocard vers une formation en gestion approfondie et direction des entreprises, dans une université parisienne, considérée à l'époque comme la Harvard française (où la méthode d'enseignement par les cas y primait sur la théorie) (2). En 1980, je valide diverses unités de valeur, obtenues auprès d’autres établissements de formation : gestion comptable, gestion du personnel, analyse financière, "mathématiques appliquées à la prise de décision" , économie, psychosociologie des organisations. 

   Consultant en gestion hospitalière, je me consacre, dès 1984, en économiste de la santé, tout en vouant une partie de mon temps disponible aux entreprises en difficulté. L’assimilation critique de ces activités de macro et micro-économie, intriquées l’une dans l’autre, me permet d’affiner mes connaissances en économie politique. A cette date, une revue de gestion publie un de mes articles qui, partant du constat de la primauté de l'existentiel dans l'entreprise, anticipe l'évolution paritaire du Code du travail, réforme qu'un gouvernement socialiste fera passer en recourant à l'article 49-3.

L’épistémologie traditionnelle a longtemps conservé l’image cartésienne de l’investigation intellectuelle comme une activité de penseurs isolés, chacun à la poursuite de la vérité dans un esprit d’individualisme et de pure autosuffisance. Cette image oublie les contextes interpersonnel et institutionnel dans lesquels la recherche de connaissances est le plus souvent entreprise. L’épistémologie doit prendre toute la mesure des interactions sociales qui à la fois illuminent et menacent les perspectives de la connaissanceAlvin Goldman, Knowledge in a Social World (1999)
   
   En 1990, une « saloperie de maladie », comme on dit pudiquement, m’incite impérieusement à étudier de la philosophie morale et politique. Prenant conscience de la fiction que constituent les grands principes censés établir pour tous l’égalité des droits, je quitte l'action syndicale et je m'engage à titre personnel comme jurisconsulte en droit du Travail. Je considère ce dernier comme une "construction" de la réalité de l’exploitation des hommes en vue de leur extorquer de la "valeur". "Nègre" (j'ai toujours écris), puis rentier, je m'adonne également à une activité bénévole de médiation sociale

Je voulais mener ma vie tout entière à la lumière froide de la raison consciente. Et s’il m’a fallu souffrir plus tard d’une façon indescriptible, c’est peut-être parce que je pouvais ou ne voulais pas comprendre que tout n’est pas contenu dans la raison. Il y a un esprit, une âme ; mais il y a aussi une âme souterraine. Dans les instants décisifs, ce ne sont pas les motifs logiques, l’esprit de La Rochefoucauld ou de Voltaire qui déterminent nos convictions et nos décisions, mais des oscillations impondérables des sentimentsErnst Weiss, Le témoin oculaire (1963

   Remettant en question la pertinence de l’analyse économique lors des crises , je rejoins aux Etats-Unis, en 2000, l' Union des Economistes Radicaux (URPE, Union for Radical Politicals Economics ). Parallèlement, j'adhère à l'association Canadienne de philosophie (The Canadian Philosophical Association), en raison de l’intérêt que je porte à celle du droit, enseignée au Québec.   
 
   Économiste, philosophe, juriste,  militant des  droits de l'homme (3), j’interviens depuis 2001 auprès des « handicapés de la citoyenneté sociale » qui me sollicitent. Je représente à leurs yeux un dernier recours devant la Cour européenne des droits de l’homme. 

Il faut avoir beaucoup erré, s’être engagé sur bien des chemins pour s’apercevoir, en fin de compte, qu’à aucun moment on n’a quitté le sien. Edmond Jabès, Du désert au livre
   
   La philosophie pratique qui m'inspire est fondée sur les notions d'entraide, d'autonomie, d'autogestion, de consensus, etc. Selon moi, il n'existe pas de principe premier, et encore moins de prérequis à l'organisation humaine, c'est-à-dire un ordre social prédéterminé (4). La « pensée du complexe » est un chemin qui se trace en marchant !

     Activiste d'un mouvement aussi invisible qu'un célèbre certain collège de Londres au XVIIe siècle,  je « milite » simplement, sans la moindre ambition personnelle, pour un ordre social juste, seul garant pour la liberté et la sécurtité. Quand la camarde fauchera ma vie, ce ne sera que celle de Job !

1 - J'ai été exclu du Petit Séminaire d'Augny, près de Metz, en Moselle, pour indicipline caractérisée, Mon indiscipline était réactionnelle. Le père-préfet me comparait à une pomme pourrie qu'il fallait extraire du cageot ! Cet ancien militaire nazi n'avait pas cru devoir faire savoir à mes parents qu'il m'appelait  « Adam le petit Juif ». C'est en effet, sur ordre de mon grand-père maternel, juif polonais de Lublin, que ma grand-mère, originaire de Cracovie, finançait mes études secondaires.

2 - À l'époque, le parcours à suivre à Paris-IX Dauphine, le parcours à suivre pour devenir consultant était classique : maîtrise de gestion, DESS en psychosociologie des organisations, un DEA au choix, éventuellement un doctorat d'État. Des profs de gestion  m'ont initié à la modélisation mathématique, concept que je continue de développer sous l’appellation ronflante de « mathématiques de l'incertitude ».    Depuis, je chasse l'algorithme foireux.

3 - Politiquement, Jean-Marie Le Pen m'a très finement le mieux situé, quand il me qualifia, lors d'un meeting présidentiel tenu à Strasbourg, le 14 février 2002, de « franc-maquereau de la Ligue des droits de l'homme, de collabo travaillant avec les anti-Français ».

Un fait indubitable, même s’il semble paradoxal, c’est que les événements et les décisions historiques qui comptent vraiment se jouent entre nous, entre les anonymes, dans le coeur de chaque individu placé là par le hasard, et qu’en regard de toutes ces décisions simultanées, qui échappent même souvent à ceux qui les prennent, les dictateurs, les ministres et les généraux les plus puissants sont totalement désarmés. Et c’est une caractéristique de ces événements décisifs qu’ils ne sont jamais visibles en tant que phénomène de masse, en tant que démonstration de masse – sitôt que la masse se présente en masse, elle est incapable de fonctionner -, mais toujours comme le vécu apparemment prouvé de milliers et de millions d’individus. Sebastian Haffner, Histoire d’un allemand (1914-1933)

4 -Pour les Économistes hétédodoxes, je suis un philosophe « éconoclaste » depuis monh adhésion à l' Union des Economistes Radicaux (URPE) en 2000 ! Pour certaines sociétés académiques, un philosophe de tradition orale ! Pour tous, un permanent point d' exclamation, en équilibre instable, pour avoir :

 -  professé devant la faculté en 1993, que « tous les systèmes philosophiques ne sont que des substituts à la théologie, et [que] si des clefs sont indispensables pour décoder les concepts, alors le véritable nom de la philosophie est l'hermétisme ». 

- déclaré, en signant le Manifeste des Economistes Atterrés, puis lors de la création de notre association, que «  chaque époque se caractérisant par une problématique, liée inconditionnellement à une grille d'interprétation nécessairement simpliste, l'élaboration du discours scientifique n'est autorisée, selon la transcendance kantienne, que par un sujet qui vit, parle et travaille. Pour la pensée économique,  il est bien plus question d'hypothèse de vraisemblance que de théorie véridique ».