Qui suis-je ?

Esquisse Autobiographique - Récit d'un itinéraire

" Refuser de parvenir, ce n'est ni refuser d'agir, ni refuser de vivre ; c'est refuser de vivre et d'agir pour soi et aux fins de soi. " Albert THIERRY ( 1881 - 1915 )


    Voici ma bio officielle, telle qu'elle résulte après un coup de gomme sur les certificats, diplômes et titres, qui ne signent qu'un parcours plus ou moins studieux. Rien d'autre !

    Né un samedi matin de 1948 en Moselle, me voilà plus près de la redingote en sapin que du sein de ma mère. Je peux donc être le père d'Emmanuel ou le mari de Brigitte ! Ce qui m'autorise à une certaine impertinence, dans un climat persistant de crise, de populisme, de xénophobie, du tout sécuritaire, d'un retour de l’ordre moral (sauf pour les politicards) et de normalisation sociale.
    
   Après cinq années d'indiscipline dans petit séminaire des Pères Oblats de Marie Immaculée (1), ma vie professionnelle a commencé en 1965 (anathema sit, formule par laquelle sont excommuniés les hérétiques), avec un apprentissage de sidérurgiste. C'est de ce premier contact avec cette autre « réalité » que je découvre la fraternité, façonnée prioritairement sur le plancher d'un haut-fourneau, et l'angoisse de la "pointeuse" me marquant au fer rouge de l'esclavage. 
    
    Par une autre formation, je deviens infirmier en 1970. Travaillant la nuit, étudiant le jour, je poursuis des études d'économie et de gestion que je finance moi-même, auprès d'un Institut international de formation des cadres. Le syndicalisme et la défense des droits de l'Homme qui m'animent sont à l'image de mon parcours d'autodidacte : un arbre de savoirs et de pratiques partagés. 
   
    En novembre 1974, après ma rencontre avec Jacques DELORS, les "amis" de Michel ROCARD m'orientent vers une formation en gestion approfondie et direction des entreprises, délivrée par une université parisienne, considérée à l'époque comme la Harvard française (où la méthode d'enseignement par les cas primait sur la théorie) (2). Ma vie se conjugue alors également en unités de valeur : gestion comptable, gestion du personnel, analyse financière, "mathématiques appliquées à la prise de décision" (mathématiques de l'incertitude), économie, psychosociologie des organisations. Consultant en gestion hospitalière, je m'affirme, dès 1984, en économiste de la santé, tout en consacrant une partie de mon temps aux entreprises en difficulté. Assimilant critiquement ces activités de macro et micro-économie, intriquées l’une dans l’autre, je me parfais en économie politique. A cette date, une revue de gestion publie un de mes articles qui, partant du constat de la primauté de l'existentiel dans l'entreprise, anticipe l'évolution paritaire du Code du travail en ce sens.
   
   En 1990, une « saloperie de maladie » me rend impérieuse l'étude de la philosophie morale, plus particulièrement celle du droit (parce que tous les humains sont théoriquement à égalité de droits). À cette date, je quitte l'action syndicale et je m'engage bénévolement comme jurisconsulte en droit du Travail, à titre personnel. "Nègre" puis rentier, je quitte l'action immédiate de l'anarcho-syndicalisme pour une activité bénévole de médiation.  
    
Depuis 2001, je suis surtout sollicité comme militant des  droits de l'Homme. Mon adresse en haute Provence est connue par un "bouche-à-oreille" imposé, principalement par celles et ceux qui sont dans la "merde" (3). Pour les handicapés de la citoyenneté sociale d'Ile-de-France, de Corse, d'Auvergne ou encore de ma Lorraine natale, j'apparais comme un ultime recours devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme.
   
Une certaine philosophie d' un monde pratique me "bouscule" : entraide, autonomie, autogestion, consensus, etc. Pour moi, il n'existe pas de principe premier (de dieux, fussent-ils du commerce), et encore moins de prérequis à l'organisation humaine, c'est-à-dire un ordre social prédéterminé (4). La "pensée du complexe" est un chemin qui se trace en marchant !

   Anarchiste, donc pacificiste, je "milite" pour un ordre social juste, en refusant de parvenir. Mon goût immodéré pour la justice n'est pas une scorie de l'enseignement des "missionnaires".

1 - J'ai été exclu du Petit Séminaire d'Augny, près de Metz en Moselle. Mon indiscipline était réactionnelle : le Père Préfet (ancien militaire nazi) m'avait comparé à une pomme pourrie qu'il fallait extraire du cagot ! Il n'avait pas précisé à mes parents qu'il m'appelait  "Adam le petit Juif", car sur ordre de mon grand-père maternel, juif polonais de Cracovie, ma grand-mère finançait mes études.

2 - À Paris-IX Dauphine, le parcours à suivre pour devenir consultant était, à l'époque, classique : maîtrise de gestion, DESS en psychosociologie des organisations, un DEA au choix, éventuellement un doctorat d'État. C'e sont des profs de gestion qui m'ont fait découvrir, par la modélisation mathématique, ce que je continue à développer sous mon concept prétentieux de " mathématiques de l'incertitude". Depuis, je chasse l'algorithme foireux.

3 - Politiquement, c'est Jean-Marie Le Pen (de ma serrure) qui m'a le mieux situé, quand il me qualifia, lors de son meeting présidentiel à Strasbourg le 14 février 2002, de " franc-maquereau de la Ligue des droits de l'homme, de collabo travaillant avec les anti-Français ".

4 -Pour les Économistes Hétédodoxes, je suis un philosophe éconoclaste ! Pour certaines sociétés académiques, un philosophe de tradition orale ! Pour les deux, une permanente exclamation, en équilibre instable, pour avoir théorisé :

 - devant l'université, en 1993, que " tous les systèmes philosophiques ne sont que des substituts à la théologie et si des clefs sont indispensables pour décoder les concepts, alors le véritable nom de la philosophie est l'hermétisme ". Par cette même sentence, j'ai quitté la Société Française de Philosophie.

- en signant le Manifeste des Economistes Atterrés, puis lors de la création de notre association, que " chaque époque se caractérisant par une problématique, liée inconditionnellement à une grille d'interprétation, l'élaboration du discours scientifique n'est autorisé, selon la transcendance kantienne, que par un sujet qui vit, parle et travaille. Dans cette quête philosophique,  il est bien plus question d'hypothèse de vraisemblance que de théorie véridique ".