Mort d'un ancien Harki

Convocation à une audition devant le juge des tutelles 
le 27 septembre 2018

Monsieur le Président,                                             

                                                Agé de 88 ans, monsieur Abdelkader ELAGOUNE ne se déplace qu'en fauteuil électrique. C'est un ancien harki, ( membre du Mouvement National Algérien) condamné à mort par le FLN. Ancien militant des droits de l’Homme, son nom est gravé dans la grande salle de réunion de la Ligue à Paris. Je suis déjà intervenu pour lui à la demande de la LDH, en 2006, 2008, 2011 et plus récemment en 2016, à la suite d’une demande d’expulsion de son logement.


Que je sois sa personne de confiance, en référence de l’article L.1111-6 du Code de la Santé Publique, ni madame la conseillère sociale ni Madame l'ssistante sociale ne le contesterons. Abdelkader vous l’a d’ailleurs signifié par voie de lettre recommandée, début juillet.


En effet, le 26 juin 2018, notre camarade m’a fait part de sa colère, puisque qu’on souhaitait le soumettre à un examen psychiatrique, hors ma présence. Ce sont vos propres services qui l’ont privé de ce droit.  Il a donc pris la décision de leur fermer sa porte.


De plus, Abdelkader n’a plus confiance en notre justice, depuis qu’un rappel à la loi lui a été signifié le 7 juillet 2017, pour usurpation d'identité dont s’était plainte madame X, infirmière et  épouse du gendarme  Y. Or, ce qu’a commis la maréchale des logis-chef est un abus de droit : convocation sans ordre d’un handicapé devant l’infirmière et son mari, signification du rappel à la loi devant le mari gendarme, non respect du contradictoire.


Depuis, monsieur Abdelkader ELAGOUNE n’ a plus d’infirmière ni d’aide-soignante à domicile. Il est sorti de l’hôpital de Digne le 17 septembre dernier, sans que les services hospitaliers s’assurent de son suivi médical. Plus grave, à l’hôpital on lui a fait part qu’il n’existait pas de Daniel ADAM à Mallefougasse. J’ai pu en constater la réalité en questionnant l’accueil au centre  médical Le Cossons.


De visu, son état nécessite une assistance tierce dans certains actes de sa vie quotidienne, puisqu’ une « aide à domicile » l’a retrouvé à terre ce matin. C’est donc dans un corps désarticulé qu’il survit psychologiquement. Sa sécurité physique n’est donc pas assuré, alors même que son état de vulnérabilité est connue de vos services.

Hospitalisation en urgenge - Mort annoncée

Monsieur le Président,

                                      Par copie du courriel que j’ai adressé à l’Almalpe en date du 15 décembre 2018, j’ai attiré votre attention sur la situation de M. Abdelkader Elagoune, domicilié à Digne, rue de l’Ancienne-Mairie.

Vous avez bien voulu répondre à ce signalement le 24 janvier 2019 dans un message d’autosatisfaction où vous vantez les mérites et l’humanité de vos services.

Il est possible que ces élans philanthropiques trouvent çà et là matière à s’exercer, mais, je suis au regret de vous le faire savoir, M. Elagoune ne fait clairement pas partie des heureux mortels qui bénéficient de ces bienfaits.

J’ai dû tout dernièrement me rendre à Paris pour participer à une formation à la philosophie politique des magistrats de l'ordre judiciaire, délivrée par l'Ecole Nationale de la Magistrature et l'Institut des Hautes Etudes sur la Justice.

Avant mon départ, je me suis rendu au chevet de M. Elagoune le mercredi 23 janvier. Ses propos étaient très cohérents. Il m’a dit peser 36 kilos.

Durant mon absence, je l'ai eu au téléphone régulièrement, jusqu’au mardi 29, date à partir de laquelle il ne m’a plus été possible de le joindre. De retour dans notre département depuis le dimanche 3 février, j’ai réitéré mes appels, mais en vain.

L’hôpital de Digne m’ayant affirmé qu’il n’était pas hospitalisé, je me suis rendu ce matin même au domicile de M. Elagoune. L’interphone restant muet, j’ai dû attendre qu’une personne entre dans l’immeuble pour y pénétrer à mon tour. J’ai interrogé la voisine, qui m’a confirmé que des infirmières lui avaient rendu visite un peu plus tôt. 

L’appartement était silencieux. J’ai machinalement posé ma main sur la poignée de la porte... Cette dernière s’est ouverte devant moi. Nul n’avait pris la peine de la refermer ! J’aperçois alors M. Elagoune sur son lit, plongé dans un abattement extrême et cherchant péniblement à respirer. Je l’ai trouvé parfaitement conscient, mais dans un état que j’estime désespéré.

Comme vous le savez, j’ai été désigné comme personne de confiance de M. Elagoune, mais pour autant, cette fois encore, personne ne m'a prévenu de l'aggravation de son état de santé. Avant de me retirer, j’ai laissé un mot à l’attention du personnel infirmier libéral, en mentionnant mon numéro de téléphone, dans l’espoir d’apprendre de lui quelle compréhension il a du diagnostic infirmier.

Vous pouvez bien, Monsieur, vous féliciter de l’activité des personnels que vous mandatez pour « faciliter le maintien à domicile » et « répondre au mieux » aux « attentes et besoins » de personnes dans la détresse.

Quant à moi, je ne suis pas assez vindicatif pour vous souhaiter d’avoir un jour affaire à pareil dévouement.