CORONAVIRUS SRAS CoV19

PROTÉGEONS-NOUS DE CEUX QUI NOUS PROTÈGENT !

   Macron et ses branquignols sont ennemis des fake news comme Hollande était ennemi de la finance. Pour masquer une situation de pénurie en moyens de prévention face à des situations épidémiques, l’Etat français a commis plusieurs gros mensonges factuels concernant la protection de sa population, et notamment à propos de la disponibilité des masques FFP2 réservés aux soignants et de l’efficacité des masques FFP1 destinés à la population.

   Il a en outre proféré une demi-vérité sur la population à risque : le virus touche certes les personnes fragiles et âgées, mais il existe des cas de décès de jeunes, en particulier par une violente réaction immunitaire (choc cytokinique). De toute façon, ce genre d’argument est particulièrement malodorant : il nous rappelle celui qui était balancé au début des années 80 pour relativiser l’épidémie de SIDA – « qui ne touchait que les pédés ».

   Le prince crépusculaire n’admet et ne réunit autour de sa personne que des nullités à son image. En l’occurrence un comité proclamé « scientifique », foutraque, aux ordres, qui se contredit, se déjuge, et plébiscite un pouvoir aberrant dans ses décisions les plus dévastatrices.  


LES SYNDROMES DE PONCE-PILATE ET DU BAISER DE JUDAS


   Le coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère, abrégé en SARS-CoV 19, est très contagieux, en dépit du lavage frénétique des mains (à des tarifs prohibitifs), de l’usage de masques (inopérants compte tenu du trop grand diamètre de leurs pores), de l’évitement des shake-hands et des bises empoisonneuses. L’hôpital public, déjà au bord de l’asphyxie en temps normal du fait d’une gestion comptable hystérique[1], va rapidement se trouver saturé [2]. D’où l’injonction des gouvernants à ne pas s’y rendre ! Le système hospitalier ne s’usant que si l’on s’en sert, le meilleur moyen de le préserver est en effet ne pas l’encombrer de nos misères… Telle est la conséquence pitoyable et imparable de la politique de casse délibérée menée depuis près de quarante ans par nos « élus » et les lobbies qui les dirigent. Dès 1982, on s’est avisé de mettre en place un « programme de médicalisation des systèmes d'information » (PMSI), dont le véritable objectif était un contrôle des coûts, dans le cadre plus large de la marchandisation de la santé.

   Pendant ce temps-là, on voit fleurir sur les réseaux sociaux des théories toutes plus fumeuses les unes que les autres sur l’origine du virus. Mais le virus n’est pas sorti du laboratoire clandestin d’un savant fou, pas plus qu’il ne fait partie d’un plan machiavélique de domination de l’univers. Les mutations virales sont un phénomène naturel, et les épidémies sont des phénomènes connus depuis la nuit des temps. On répertorie actuellement chez l’homme sept espèces de coronavirus d'origine animale ; cette donnée réduit à néant toute suspicion de complot.
 
   Cependant, les fantasmes se nourrissent du réel et de la coïncidence, et les stratégies erratiques et ineptes de nos gouvernants s’ingénient à leur préparer le terrain. 

   Ce sont bien les militaires de la base aérienne de Creil, base qui abrite l’impénétrable Direction du renseignement militaire (DRM), qui ont rapatrié des Français et d’autres Européens vivant à Wuhan : le 31 janvier par un équipage militaire depuis Creil, le 2 puis 9 février par un équipage civil depuis Istres. De plus, contrairement à l’affirmation de Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, le vol du 2 février comprenait un passager belge contaminé. Pourquoi ce recours à des militaires ? Rappelons que le Wuhan National Biosafety Laboratory (étude et identification des pathogènes hautement dangereux), situé dans la capitale du Hubei, est civil. Sa classification en biosécurité (P4) permet aux biologistes de ce labo, ouvert avec  le concours de l’Institut Pasteur, de manipuler des virus aussi dangereux qu’Ebola, que le SRAS et que le H5N1[3].

  Précisons que Wuhan, carrefour ferroviaire le plus important de Chine, est le centre névralgique des « nouvelles routes de la soie ». Ce qui peut expliquer que l’Italie ait été si tôt et si gravement affectée par la pandémie. Le 23 mars 2019, ce pays est devenu le premier pays membre du G7 à intégrer le projet pharaonique d'infrastructures maritimes et terrestres lancé par Pékin en 2013 (4) !


LE SYNDROME DE LA LIGNE MAGINOT


   De fait, même s’il n’est pas possible de déterminer à l’avance le lieu et la date de survenue d’une catastrophe naturelle, pareille crise n’en était pas moins prévisible : les maladies infectieuses émergentes ont quadruplé au cours des cinquante dernières années. Un rapport de la CIA dont la traduction française est parue en 2009 prévoyait le déclenchement imminent d’une pandémie, imaginant « l’apparition d’une nouvelle maladie respiratoire humaine virulente, extrêmement contagieuse », d’origine chinoise ou sud-asiatique et dans les conditions qui sont celles de l’apparition du Covid-19[5].

    En outre, dans l’état actuel du monde, alors que règne un capitalisme transnational qui échange massivement et dans des temps record les marchandises et les individus, les virus circulent, comme leurs hôtes, toujours plus vite sur toute la surface du globe. Alors même que les conditions d’existence se détériorent de jour en jour et que s’affaiblissent nos ressources immunitaires de la biodiversité.
 
   Mais, les « responsables politiques » de tout poil et les organisations qui prolifèrent sur le dos de la santé publique n’ont pas pris ces données en considération ; obnubilés par les impératifs d’une gestion criminellement comptable de la vie humaine, ils ont préféré, plutôt que de permettre aux hôpitaux de faire face à ces menaces bien réelles, saborder méthodiquement le système de santé publique. Qui plus est, ils ont eu l’idée extravagante de délocaliser en Extrême-Orient les industries vitales pour nos contrées, et notamment les industries pharmaceutiques. 80% des molécules et adjuvants des médicaments génériques sont produits en Chine et en Inde[6].  Signalons en passant que le système sanitaire de cette « usine du monde » qu’est la Chine est classé par l’OMS au 144e rang mondial, derrière la Côte d’Ivoire !
 
   Notre résidu d’État national, loin d’anticiper cette crise sanitaire, s’est très réellement évertué à l’empirer, non seulement en raison de l’incompétence crasse de ses « dirigeants », mais essentiellement parce qu’il s’inscrit dans la pure logique abstraite du capitalisme, celle d’une prétendue « rationalisation des coûts ». Le bien public est la dernière des priorités de cet État crapuleux ; passe avant tout la sauvegarde à tout prix d’une économie en détresse et d’entreprises subclaquantes (au prix de la santé des employés) ainsi que  le financement de sa politique répressive des mouvements populaires en révolte contre le délabrement des rapports sociaux. 


   Deux mois après le début de la pandémie de coronavirus, le gouvernement Macron-Philippe n’avait toujours pas constitué de stock de masques FFP2. En revanche, en juin 2019, il a su passer commande, pour le ministère de l’Intérieur, de 25 millions de cartouches de fusil d’assaut et de 40 000 grenades de désencerclement, en prévision des quatre 4 années à venir. Voilà bien une des rares crises que l’État jupitérien était en mesure de prévoir, puisqu’il lui suffisait de lire son propre programme. Tout est bien affaire de choix : la santé de la population ou la préservation d’un pouvoir répugnant, intégralement soumis au processus de marchandisation de toutes les formes de vie.

   Planqué dans une casemate de la ligne Maginot sanitaire dont il aura été un des principaux saboteurs, le Ponce-Pilate élyséen a tout lieu de se frotter les mains. Grâce au coronavirus, plus de Gilets jaunes, plus de manifestations contre la réforme des retraites, plus de cris d’orfraie contre le recours au 49-3, plus de révoltes populaires, plus rien. Plus rien que lui, le bon apôtre, veillant au sein d’un univers malade. Avec la peur, la méfiance la plus légitime et l’esprit critique se recroquevillent. Le nain politique peut alors revêtir sa nudité crapoteuse d’un manteau de guérisseur d’écrouelles. Les populations affolées acclament déjà sa mansuétude et lui hissent la tête en dehors du cul de basse fosse où les sondages d’opinion le laissaient mariner. Et lors de la même journée du l2 mars, la cervelle décomposée de Marine Le Pen va jusqu’à déceler dans le vent mauvais de la parole présidentielle une « remise en cause totale […] du modèle ultralibéral, du modèle des délocalisations à tout prix, du modèle de la privatisation, une ode au service public », tandis que Mélenchon, le chien fou de l’opposition « pour du beurre », se découvre assez d’abnégation pour déclarer : ce n’est « pas le moment de la polémique, mais de la solidarité ». La situation exige la responsabilité de chacun, rien d’autre ! Et surtout pas le maintien des élections à venir.

  Pour conclure, on avancera que la pandémie actuelle ne saurait être perçue indépendamment du contexte politico-économique où elle se produit. En bref, cette énième crise économique est, comme les autres, auto-engendrée par la financiarisation mondialisée, par un système marchand qui court à sa perte et nous entraîne avec lui dans les guerres commerciales. Quoi qu’en disent les bienheureux de la sphère politico-médiatique, il est désormais impossible de dissimuler que la rapidité de propagation de la pandémie, sinon la pandémie elle-même, est un phénomène inhérent aux formes modernes du capitalisme, un effet parmi d’autres de ses crises à répétition. Le nier, c’est préparer les épisodes à venir.


Corédigé avec Gérard Dressay de la Boufette, 13 mars 2020


[1]         Sur le plan de la gestion hospitalière, donc de la tarification, l’échec est patent (voir Daniel Adam, Hospitalisation privée, n°238, mai 1984). En serinant que « la santé n’a pas de prix, mais qu’elle a un coût » on en est venu à concevoir ce coût comme une composante de la recherche d’un profit !
[2]        Alternatives économiques, hors-série n°120, février 2020, p. 40, article de Céline Mouzon.
[3]          La Recherche,  n°557, mars 2020. Enquête sur la science en Chine.

[4] https://www.lesechos.fr/monde/chine/routes-de-la-soie-ce-que-litalie-a-signe-1003137    
[5]         Le Nouveau Rapport de la Cia : comment sera le monde en 2025 ? Robert Laffont, 2009, pp. 250-251.[5] https://www.lesechos.fr/monde/chine/routes-de-la-soie-ce-que-litalie-a-signe-1003137
[6] https://www.challenges.fr/entreprise/sante-et-pharmacie/coronavirus-l-europe-depend-de-la-chine-pour-les-medicaments-vitaux_701452

Le coronavirus et le retour du refoulé

    Depuis deux siècles, le capitalisme travaille éperdument à l’épuisement de toutes les formes de vie afin d’accumuler toujours plus de surprofit, de valeur, au détriment de la satisfaction des besoins vitaux les plus élémentaires.

    Dans ce contexte historique, l’Homo capitalismus ne travaille plus qu’à cette fin. Son travail peut être qualifié d’abstrait parce qu’il ne s’exerce ni pour lui-même, ni pour produire de la richesse réelle : il ne travaille jamais, ou très accessoirement, pour créer les conditions de son bien-être et celles de son groupe social.

    Au final, ce producteur-consommateur de produits ineptes (gadgets informatiques, colifichets de toutes sortes) et/ou dématérialisés (virtuels) en est arrivé à se perdre dans un univers spectaculaire de formes résiduelles objectivées, à s’oublier dans un continuum spatio-temporel factice. Il en est venu à ignorer les besoins concrets et la réalité de sa nature foncière, à commencer par la nécessité de vivre dans un monde sain.

    En ce sens, la pandémie de coronavirus à l’échelle planétaire se produit comme le retour du refoulé dans le processus de refoulement opéré par le capitalisme. Avec elle ressurgit soudain, comme le spectre du roi sur les tours d’Elseneur (1), sous le masque sordide et effrayant de la maladie contagieuse et de la mort, une humanité obsolescente, honnie, et qu’on pensait maîtrisée voire bannie.

    Merveille, il y avait du monde grouillant sous les impératifs fétichisés de l’économie !

27 mars 2020

Gérard Dressay de la Boufette

1 - Hamlet de William Shakespeare.  Texte publié en 1603